De l'eau et du Zanskar

Introduction

Le Zanskar est une haute vallée himalayenne nichée à 3500 mètres et coincée entre les terres du Kasmir, fertiles et boisées à l'ouest, et le vaste désert d'altitude de son grand frère géologique, l'Ouest tibétain, à l'est. Mais elle fut originellement sédentarisée par les Mons ou Dards vers le 1-2ème siècle AC, peuplade d'origine indo-européenne et donc ni Kashmiri, ni Tibétaine. Des chasseurs nomades probablement venus d'Asie Centrale pénétrèrent toutefois la vallée durant l'age de Bronze (3000 - 1000 BC), mais sans jamais s'y installer. Les Mons furent les premiers missionnaires du Bouddhisme au Zanskar, bien avant que les Mongols d'origine tibétaine ne prennent possession des lieux vers le 8-9ème siècle AC pour développer le bouddhisme tibétain dans les régions Ouest de l'Himalaya. Des ruines de châteaux Mons sont les derniers vestiges de cette histoire ancienne du Zanskar, car aucun descendant de ces peuplades ne semble habiter la vallée aujourd'hui.

Le Zanskar se dessine comme une vallée triangulaire prolongée par trois tentacules. Les deux bras nord-ouest et sud-est sont fermés par des cols bloqués par la neige durant l'hiver et longés tout du long sud par la grande barrière himalayenne dont de nombreux pics et glaciers culminent entre 6000 et 7000 mètres. Les terres sont arides, un ensemble désertique d'altitude qui se décompose en quatre catégories géomorphologiques principales :

  1. Importantes vallées glacières riches en alluvions : les trois tentacules.
  2. Profondes vallées glacières dans la barrière himalayenne, trop élevées pour l'agriculture et parsemées de débris rocheux, mais qui servent éventuellement de pâturages ou routes : Sani, Stod
  3. Gorges étroites et rocheuses : Zanskar, Lungnak, Ralakung.
  4. Hautes vallées de grès dues à de petits glaciers n'ayant jamais atteints les trois principales vallées : Shade, Lingshed.
Arrêtés par la grande barrière naturelle qui mure le Zanskar au sud, les nuages de mousson n'y déversent en été que quelques restes, les principales précipitations étant donc sous forme de neige.

La neige

Le Zanskar qui ne possède aucune station météorologique est toutefois bien plus arrosé que son voisin nord le Ladakh, mais bien moins servi que son chef de district, Kargil, au nord-ouest. La quantité moyenne de neige varie généralement entre 0.5 et 1.5 mètres par hiver dans la vallée. Il est toutefois possible de vivre un hiver sans neige (2001 à 2004), tout comme d'être noyé sous 4 mètres de neige (hiver 1983). Fa Hien, l'un des premiers voyageurs chinois bouddhistes à traverser la région avant l'invasion tibétaine, décrit le pays du Kie Chhan comme « une terre si montagneuse et froide qu'aucun grain ne peut y pousser ». Le Kie Chhan se referait alors très probablement au Ladakh, les habitants de ces terres étant alors appelés « les hommes des montagnes de neige ».

Et la neige est de toute première importance, primordiale même pour l'agriculture au Zanskar, qui a l'inverse des vallées de l'Indus, de la Suru ou de la Nubra n'utilise pas l'eau du fleuve, trop en contre bas des villages et terrasses cultivables. En effet, tous les villages du Zanskar se sont installés à flanc de montagne, soit près d'une source, soit près d'un torrent glaciaire (tokpo) petit affluent du Zanskar (tsangpo). Mais l'utilisation des affluents limite aussi la surface irrigable et l'agriculture du Zanskar est bien souvent d'abord destinée à la propre consommation des villageois ou des monastères.

Les changements climatiques tant invoqués au cours des dernières décennies semblent cependant avoir contaminé les lieux. En effet, les six dernières années (1998-2004) furent très sèches avec des précipitations hivernales sous la moyenne et quasiment nulles les trois dernières années. De telles conditions climatiques s'avèrent parfois radicales pour les villages les moins bien desservis en eau : sources épuisées, culture des champs difficile voire impossible et produits de base (riz, farine, lentille et foin) fournis par le gouvernement pour compenser les manques. Il en fut ainsi du village de Kumik. Les villages de Pidmo, Pishu et villages voisins de Karsha furent aussi largement affectés par le tarissage de leurs sources. En 2004, le Zanskar avait peut être perdu entre 15 et 20 % de son débit habituel, le glacier de Jonnoudounglaki Photang qui surplombe Padum avait visuellement reculé et plusieurs projets de DDE avaient dû être révisés afin de déplacer leur prise d'eau pour des sources plus fiables en cas de carence.

La quantité de neige et la date des précipitations déterminent la date de l'épandage éventuel de poussière et terre sur la neige afin de la faire fondre plus vite (généralement fin avril). Elle conditionne aussi le commencement des travaux de labour des champs (la date exacte étant toutefois décidée par un astrologue afin de correspondre à une date propice selon les astres et la religion - généralement début mai), ainsi que plus tard, la quantité d'eau nécessaire à l'irrigation. La fonte des neiges est relativement rapide compte tenu de la quantité et de l'altitude. Cette année, il suffit à peine d'un bon mois pour faire disparaître le généreux mètre de neige. Le rayonnement particulièrement fort dans ces régions en est la principale cause. Mais cette année, une neige de poussière a facilité le travail du soleil, réduisant l'albedo (radiations réfléchies à la surface de la terre) de 90% pour la neige blanche à 30-40%. De mémoire de Zanskarapa, on n'avait vu cela qu'une seule fois auparavant, durant la guerre de Kargil en 1999. Pourquoi cette neige brune et sale qui colora tout le Zanskar ? Peut être du sable du Rajasthan comme il arrive parfois que le sable du Sahara brunisse les cigognes d'alsace ! Personne ne put me répondre. Mais cette nuit là ( début avril 2005), l'orage fit rage et les éclairs, un autre phénomène particulièrement rare au Zanskar, offrirent un feu d'artifice naturel aux petits zanskarpas.

Bien sur, une quantité de neige excessive n'est pas exemptes de conséquences. Les routes sont coupées, tous les déplacements motorisés sont gelés et il est impossible de se déplacer à cheval. Les avalanches sont un risque réel lors des déplacements à flanc de montagne. Et cet hiver, une petite coulée a emporté trois personnes travaillant au déblayement de la piste !

Le Kare

La neige, compte tenu du froid, ne se compose pas en couche comme sur les pentes alpines. Elle reste une épaisseur unique de neige poudreuse dans laquelle on s'enfonce sans difficulté ! Mais du jour au lendemain, le Kare permet aux Zanskarpas de sortir des sentiers de pas et de courir librement sur toute la surface de neige. Ce phénomène apparaît en général fin mars dans la vallée, mais fin avril seulement sur les cols à plus de 4000 mètres d'altitude. Pour les amoureux du skating, toute la plaine du Zanskar est alors une véritable patinoire de neige lisse et plate comme une mer endormie !

Le Kare est un phénomène lié aux radiations nocturnes, lorsque les ciels sont clairs durant la nuit. Le refroidissement rapide des couches à la surface de la terre provoque une perte de chaleur du sol par radiation. La surface du manteau neigeux gèle, ce qui permet alors de marcher et notamment de passer les cols. Car avant l'ouverture de la seule piste carrossable qui entre au Zanskar, le Kare était l'unique solution pour quitter ou entrer au Zanskar avant que la neige n'aie fondu sur les cols. Aujourd'hui, les plus pressés utilisent encore ce moyen de déplacement en attendant que les bulldozers n'aient déneigé le col du Panzila. Cela implique de marcher de nuit, généralement jusqu'à 11 h du matin, heure où le kare disparaît. Cette route représente environ 230 km de Padum a Kargil, réduits à une centaine de kilomètres de marche une fois les fonds de vallée déneigés des deux cotés du col.

Le Kare est en général parfaitement lisse, la neige fondant de manière uniforme sur toute la surface. Mais cette année, en conséquence de la neige de poussière, le Kare s'est forme de façon totalement inégale et la surface de la couche neigeuse est devenue un enchevêtrement de cônes plus difficiles à pratiquer !

Le Tchadar

Une seconde route permet de quitter ou entrer au Zanskar durant l'hiver : Les gorges d'un fleuve prisonnier des glaces en plein cœur de l'hiver. Une route de glace qui précède la route de neige.

Les sources principales du Zanskar sont le Yunan, le Serchu et la Cherpa (source la plus éloignée) qui prennent naissance au nord-est de la grande barrière himalayenne, près du col du Bara Lacha. Le fleuve qui réunit ces trois rivières et descend une des trois tentacules du Zanskar, s'appelle alors la Lingti (nom local) ou la Lungnak. Une autre source provient du glacier Drung-Drung, au pied du Panzila. Ce glacier est actuellement le plus long du Zanskar. Ce fleuve qui s'engouffre dans la tentacule sud-ouest de la vallée s'appelle la Doda (nom local) ou Stod. Ces deux affluents se rencontrent à la pointe aval de la vallée, entre Karsha et Kumik, pour former le fleuve Zanskar, qui après une bonne centaine de kilomètres de gorges creusées dans du grès et du calcaire, fusionne avec les eaux du Sum Gal, fleuve qui prend sa source dans les montagnes avoisinantes du lac Tsomoriri. Le Zanskar, alors devenu le Chiling-Chhu, va grossir l'Indus à hauteur de Nimo et poursuivre sa quête d'océan a travers le Pakistan.

Vers la mi-janvier, dans ces hautes gorges qui ne sont irradiées par les forts rayons du soleil que quelques heures (4 à 6 heures) dans la journée, le fleuve Zanskar est partiellement, par endroits même totalement, pris par la glace. Il devient alors possible pour les hommes de longer les abords du fleuve, un voyage qui se fait désormais en deux ou trois jours compte tenu de la piste en construction qui atteint Shilling à l'aval et Pidmo à l'amont. Mais vingt années en arrière, il fallait entre 7 et 10 jours pour sortir des gorges. Un voyage périlleux mais essentiel à l'économie local puisqu'il servait de route de commerce pour aller vendre ou échanger le beurre des dzomos (croisement Yak et vache), dimos (femelle du Yak) et chèvres du Zanskar, plus prisé et plus cher. Cette route permet aussi de transporter les troncs de bois de construction dans les villages reculés de Nierac et Lingshed, à mi-parcours des gorges. Ces villages, non desservis par des routes carrossables, sont plus aisément accessibles en hiver par le tchadar qui, s'il est bon et lisse, permet de tirer les troncs sur la glace, évitant ainsi de devoir les porter. Et bien sur, elle permet aussi d'acheminer la poste !

L'origine du mot Tchadar est incertaine. Tcha pourrait provenir du verbe tchatches qui signifie aller ou tchag, marcher. Mais cha est aussi le nom de chaussures spécifiquement fabriquées pour la neige et portées par les zanskarpas (chaussures qui ne semblent plus être portées de nos jours). Dar signifie rivière gelée et dure. Ce fleuve est craint, admiré, respecté et chanté. La date de départ est encore bien souvent choisie par un astrologue. Les premiers voyages débutent en règle générale autour du 10 janvier et les derniers, fin février.

Si les locaux, étudiants ou commerçant utilisent encore cette route pour leurs besoins (commerce, bois, poste, retour de vacance...), ce sont aussi de nombreux groupes de touristes et leurs porteurs qui s'aventurent sur le fleuve. Cette affluence rend d'ailleurs le bois de chauffage et de cuisson pour les grottes de plus en plus rare sur les abords immédiats du fleuve.

Le décor est certes surprenant, grandiose et la glace un spectacle aussi varié que magique, mais cette route n'est pas sans difficultés et dangers. La glace est parfois fragile, rompue ou encore submergée par un débit trop important, débit qui fluctue jour après jour en fonction de la température et des radiations solaires. Un passage particulièrement délicat se trouve entre la vallée menant à Lignshed et le village de Nierac. Les parois quasiment verticales ne permettent pas d'être escaladées et il faut faire un détour de deux jours si la glace y fait défaut. Chaque année, un mois et une semaine après le solstice d'hiver, la glace y est totalement chamboulée par le fleuve.

Le froid et le vent sont parfois mordants, le thermomètre pouvant descendre à -30°C durant la nuit. Mais cet étau minéral est avant tout un véritable piège quand la neige devient trop abondante. Couloir d'avalanche sur toute la longueur des gorges, on peut aisément se retrouver coincé par des avalanches et devoir patienter plusieurs jours dans une des grottes aménagées ou non d'un muret de protection qui bordent le fleuve.

L'eau au quotidien

Dans la plupart des villages du Zanskar, il n'y a ni pompe, ni robinet d'alimentation. L'eau se cherche directement à la source ou la rivière. Elle se porte à dos d'hommes, femmes ou enfants, par bidons allant jusqu'à 20 litres et parfois portés dans un panier d'osier. Un hiver enneigé complique encore la tache quotidienne, la rivière étant gelée, enfouie sous la neige. Certains villages doivent parfois s'approvisionner dans le fleuve en contre-bas. Les autres, plus chanceux, cherchent l'eau dans un ou plusieurs trous creusés dans la glace de la rivière qui traverse le village. Ces lieux sont bien souvent souillés par les bêtes qui vont s'y abreuver chaque jour. A Padum, un seul tuyau d'approvisionnement est en fonction durant l'hiver et les bidons d'eau sont tirés sur des luges locales. Au printemps, il faut chercher l'eau bien tôt, avant que l'eau de fonte des neiges et des glaciers ne grossisse et ne trouble le débit de la rivière.

L'eau du Zanskar est particulièrement bonne et selon le PWD (DDE locale), plus minéralisée que l'eau minérale en bouteille. On y trouve des sources d'eau chaude et d'eau médicale, comme l'eau de Shilla qui a pour particularité d'augmenter les effets du Chang local et de faciliter la digestion. Dans la plaine triangulaire, la nappe phréatique se trouve à 50 mètres de profondeur environ, l'eau y étant aussi bonne que celle recueillie en surface. De plus, Il ne semblerait pas que le Zanskar soit affecté par des maladies liées à l'eau.

L'irrigation

"Le Zanskar fournit donc de l'eau potable en abondance pour les besoins domestiques et ruraux, mais la combinaison de précipitations annuelles très faibles, radiations solaires très fortes et vent chaud et sec en été rend l'agriculture impossible sans irrigation". Les travaux d'irrigation débutent généralement trois semaines après les labours de début mai. C'est un travail réservé aux femmes et un savoir-faire de toute première importance, conditionné par les précipitations hivernales, le temps au printemps et la nature des plantations (blé, orge, lentilles). En effet, une irrigation excessive peut nuire aux jeunes pousses, réduire les nutriments et gâcher une eau précieuse pour les champs voisins. Une irrigation insuffisante ralentit la pousse, réduit les surfaces cultivées et peut conduire à une salinisation des sols par évaporation excessive.

Les champs épousent harmonieusement les formes du terrain et sont un véritable dédale de canaux et rigoles en terre. L'eau suit un long parcours depuis la rivière (tokpo) jusqu'aux parcelles cultivées (jing) selon l'ordre suivant (il existe toutefois plusieurs schémas différents):

  1. ma-yur: canal principal qui prend l'eau de la rivière
  2. yura: canal intermédiaire
  3. nang-yur: canal qui amène l'eau aux parcelles
  4. yihu: sillon qui entoure la parcelle
  5. star: sillon principal qui traverse la parcelle
  6. nang: petite sous parcelle rectangulaire délimitée par les sillons terminaux qui distribuent l'eau à toute la surface de la parcelle.
Les trois premiers canaux sont généralement en terre, à moins que la rivière ne soit remplacée par un canal en pierre ou en béton armé amenant l'eau gravitairement sur plusieurs kilomètres. Les autres canaux ne sont que de simples sillons réalisés lors des labours. Lorsque l'eau est abondante, l'irrigation est réalisée durant la journée. S'il y a carence, elle se poursuit la nuit avec l'eau des canaux ou éventuellement des petits réservoirs en terre, propriété commune du village.

Les canaux

Le Zanskar ne possède que 4 grands canaux d'amenée gravitaire, tous de construction récente (25 dernières années):
  1. Le canal de Junkar: 5 kilomètres, construits il y a 25 ans environ afin d'irriguer les terres gouvernementales à l'ouest de Padum. Ce canal est utilisé très rarement, lors de fortes sécheresses.
  2. Le canal de Rantaksha: la construction de ce canal de 4 km débuta fin des années 70, mais fut subitement mise en veille suite à la coupure du financement du projet, et ce alors que 70% des travaux étaient réalisés. La construction repris en 2002 et le canal est utilisé par le village depuis l'an dernier. Ce projet était particulièrement vital étant donné que la source qui alimente le village s'était asséchée, condamnant toute l'agriculture et la végétation du village.
  3. Le canal de Zangla: 4 kilomètres, de canaux construits dans la roche et qui nécessitèrent 10 années de travaux.
  4. Le canal de Kumik: 5 kilomètres, afin de sauver l'agriculture locale menacée par l'assèchement de la source du village. Ce canal ne permet toutefois pas d'amener l'eau jusqu'au village initial contraint de déménager terres et habitations plus en contrebas, à proximité du fleuve.
Deux autres projets de canaux ont été déposés au gouvernement pour approbation et financement. Deux projets qui posent des problèmes humains de partage des terres. L'un a déjà été mis en veille devant le refus des villageois de céder leurs terres, l'autre est en pourparler (voir texte sur le canal de Karsha). Une seule micro centrale a été construite à Sany. Un projet privé terminé l'an passé mais qui n'a jamais produit l'ombre du mégawatt qu'elle affiche ! Le gouvernement ne prévoit aucun autre projet similaire de même qu'il n'est prévu aucune construction de grand barrage au Zanskar. Le gouvernement vient par contre de commencer la mise en place d'un ensemble de pompes manuelles dans les villages où la source est spartiate ainsi que les villages de plaine. Ces pompes doivent être chauffées durant l'hiver afin d'être utilisables, mais ne constituent pas une solution à long terme d'après le PWD. Dix pompes ont déjà été installées l'an passé et vingt pompes sont prévues pour l'année 2005.

Conclusion

Bien que le Zanskar soit une terre aride considérée comme un désert d'altitude aussi bien chaud que froid, l'eau n'y fait pas défaut. Pourtant les conditions climatiques et géographiques ont contraint les habitants à s'adapter aux diverses formes de présence de l'eau et plus particulièrement durant le long hiver qui isole la vallée. L'eau y est un élément particulièrement précieux et encore épargné par la pollution. En effet, les zanskarpas ont un mode de vie qui utilise tout ce que la nature procure ainsi que toutes les formes d'eau que l'hiver offre mais qui ne cherche pas à forcer les ressources. D'ici dix à vingt ans, une route qui longe en partie les gorges du Zanskar devrait mettre fin à l'isolement hivernal du Zanskar. La vie évolue et le tourisme augmente. Le Kare et le Tchadar n'auront plus de raison d'être. Est ce que le Zanskar saura préserver cet environnement qui lui a jusque là permis de vivre en parfaite harmonie avec sa religion et la nature qui l'accueille ?