29c3 Baïkal-Bangkok - Journal de bord

Journal de bord

31/12/2012

Fraiches nouvelles

— Caroline @ 2:50 pm —

A quelques jours d’un départ hivernal pour Tungri (Zanskar), je vous adresse mes meilleurs v½ux pour cette nouvelle année. Qu’elle vous soit belle, riche et heureuse… Quant à moi, j’espère pouvoir vous offrir (fin 2013?) le film de nos pérégrinations indiennes. J’y travaille pleinement, même si la fatigue accumulée par le voyage et le tournage excusera je l’espère ces quelques longs mois de silence. L’aventure film est maintenant bien lancée; et je retourne auprès des nonnes terminer de filmer cette tranche remarquable de nos vies! Je vous embrasse, les nonnes également et nous vous donnons rendez-vous très bientôt!

29/5/2012

La dernière ligne et toutes ses courbes.

— Caroline @ 5:34 am —

Les nonnes ont franchi leurs premières frontières : au Bhutan d’abord puis au Népal. Deux chocs. Un premier pour découvrir un pays – le Bhutan - à la nature impeccable, aux gens sereins et honnêtes, aux traditions préservées, au calme réjouissant. Un second pour avoir traversé le Teraï, plaines du sud Népal de nuit et en pleine révolte : sans doute la peur de leur vie !

Nous enchainons les monastères et les lieux saints qui dévoilent la vie de Buddha : hauts perchés dans les contreforts himalayens ; encerclés de champs jaunis par la chaleur torride qui assomme les plaines du Gange au Bihâr. Un pèlerinage marquant et intense, mais aussi l’obligation de côtoyer ceux qui profitent de la piété des pèlerins.

Peu importe, le voyage est un long cheminement qui bouscule les âmes et les corps ; et les nonnes ont largement conscience d’avoir pu ouvrir des fenêtres sur le monde par-delà les cols et les salles de prières. Leur joie ne désemplit pas ; leur énergie à peine par 45° C. Moi, je suis vidée ; mais ce fut pour le meilleur et surtout, un rêve fabuleux devenu réalité !

9/5/2012

Entre mer turquoise et jungle émeraude

— Caroline @ 3:02 pm —

Les coquillages, voilà bien un trésor merveilleux qui attire les regards de nos montagnardes avec une force insoupçonnée. Entre mer turquoise et jungle émeraude, les nonnes ne se lassent pas de parcourir les blanches étendues de sable fin à la recherche du plus beau bijou de l’océan. Hélas, la conque qui servira à sonner la prière ne se trouve qu’au bazar à prix d’or !

Si les Andamans ont tout à offrir du paradis tropical, lorsque la mousson se réveille- en avance et en fanfare – les esprits se crispent… Car où va toute cette eau tombée du ciel si ce n’est dans l’océan qui va monter et tout ravager ?

Échanger avec les Jarawas, tribus indigènes aurait tant plu aux nonnes ; mais les règles de la réserve sont strictes et apercevoir quelques uns de ces petits hommes noirs dans leurs plus modestes attributs fut une chance qui souleva bien des questions.

Néanmoins, la plus inattendue des rencontres fut sans doute celle du lama solitaire de la mission bouddhiste birmane qui nous invita à prier à ses côtés.

Ainsi, du Zanskar à Nicobar, notre pèlerinage à belle allure !

28/4/2012

La voie des mers

— Caroline @ 4:52 am —
2669

Dieu qu’elle est vaste, sublime, infinie… Et cette couleur dense et parfaite comme le kérosène qui sert à allumer les feus aux Zanskar ! Et dire que toute cette eau est salée ! Et pourquoi donc ?

A la vue du cargo, toutes les craintes s’évaporent, car aucune nonne n’avait voulu croire qu’il fût si grand. Mais lorsque le système d’aération du SwarajDweep tombe en panne, voguer se montre plus rude pour les esprits montagnards qui ne connaissent pas la houle incessante. Les têtes tournent et il ne reste que le sol pour soulager cette douloureuse ivresse des mers.

Alors, la vue des Nicobar après trois jours de mer et de peine, fait revivre les esprits et chanter les c½urs. A nouveau l’ivresse de joie… Le public est large car les nonnes lui sont devenues familières et amies ! Alors imaginez donc : ici au cap Indira, nous sommes à l’extrême opposé du Zanskar !

20/4/2012

Kanyakumari et les grandes bleues…

— Caroline @ 2:59 pm —

A la croisée des grandes eaux - la mer d’Oman, l’océan indien et le golfe du Bengale - notre joie explose, là où furent versées quelques cendres de Gandhi. Puis nous entamons une chasse aux coquillages ou savourons notre première baignade dans les eaux délicieusement chaudes de l’océan indien. Mais lorsque les vagues grondent et que je m’y aventure, la crainte des nonnes me balaie aussi fort qu’un tsunami !: “et si la mer t’engouffre ?”

Nous voilà prêts à embarquer pour les iles Andaman, loin du chaos de la grouillante terre mère, et aux antipodes de “notre” vallée natale sertie de cimes acérées. Un tableau a fini par trouver sa place dans nos bagages, histoire d’assurer quelques classes d’anglais : sur les bateaux, dans les hôtels, les arrêts de bus et bientôt sur les plages ! Les nonnes sont les élèves les plus assidues que je connaisse !

7/4/2012

Les petits désagréments

— Caroline @ 12:25 pm —

Bien sûr, aux abords des mégalopoles, la vie se concentre autant que les difficultés.

A Bombay, ce sont les punaises qui visitent nos nuits et les déchets qui encombrent les plages.

A Bangalore, il nous faut sans répit batailler avec les rickshawvalas pour adoucir les prix. Dans les transports en commun, quelques uns, indifférents à la vieille, la nonne ou l’étranger abusent de nos espaces et je dois protéger mes amies toutes griffes dehors.

Tant de gens, de voitures, du bruit à n’en plus finir…

Mais c’est surtout la guide qui épuise ses réserves d’énergie. Les nonnes rayonnent, sauf quand je perds le sourire !

Alors une halte« spirituelle » dans les monastères tibétains du Karnataka, en compagnie de lamas du Zanskar est un repos précieux.

24/3/2012

Ivres de joie

— Caroline @ 7:44 am —

La joie est sans doute la plus belle forme d’ivresse… et les nonnes qui fêtent le printemps, leur pèlerinage gandhien ou leurs premiers pas dans le désert immensément plat, en chantant, en dansant, priant, riant à en perdre haleine ou hurlant « ça c’est joliiiiii ! » offre un spectacle à l’humeur contagieuse. Leur joie généreuse et spontanée semble semer des poignées de graines de bonheur et de manis à tout va.

Notre petite caravane secoue d’ailleurs un bel élan de générosité : à Jaisalmer c’est un couple de belge qui donne une paire de jumelle, à Jodhpur un hindou offre le séjour complet dans son hôtel et même notre guide du Rann nous laisse les clefs de son appartement à la ville.

Les nonnes ne cessent de « travailler » et bénissent établissements, bureaux, écoles et rencontres !

207d
11/3/2012

Pluie de bénédictions à Dharamsala

— Caroline @ 4:31 pm —

Le c½ur et l’âme bénis par le Dalaï-Lama,

Le voyage baptisé par son oracle (merci Ninou),

Le film encouragé par sa marraine Marianne,

Nous avons largué les amarres et Dharamsala pour plonger dans l’Inde fabuleuse et bouillonnante des plaines et des déserts.

L’émerveillement est total, autant que les frayeurs face au trafic délirant, au bruit incessant, au monde qui noircit les ruelles…

Mais les nonnes sont devenues des super stars: photographiées et interpellées par tous!

7/3/2012

La voie des airs

— Caroline @ 8:55 am —

Les regards accrochés au hublot, les mains jointes autant pour prier que pour se rassurer, nous admirons le K2, le Nanga Parbat, le Nun et le Kun… et même notre sortie de tchadar. Pauvres voisins, nous les importunons sans doute à virevolter d’un hublot à l’autre, enfants ébahis que nous sommes !

Mais le plus  étonnant des dépaysements est encore le métro de Delhi : à leurs yeux beau, lumineux, propre, tempéré, rapide, sans secousses… Là au moins, personne ne ressent le besoin de renvoyer par la fenêtre ce que le bol du jour leur a donné.

Au soir : “Avéeeeee, mais quel est ce lieu où on ne voit pas les etoiles et où le bruit ne cesse jamais?”

22/2/2012

Sergio

— Caroline @ 9:19 am —

La montagne, cette belle égoïste, t’a fauché

d’un coup de bras brutal et sournois.

Car sous ses airs de blanche reine,

elle sait se servir et engloutir.

Puissent nos manis adoucir ton envolée…

Mais sur nos coeurs pèse ton antre gelé

Farewell Sergio

Anne § Clémentine, nos pensées vous accompagnent

0